Ma vision des manifestations

Bonjour,

J’ai voulu, au regard des actualités plus ou moins récentes, donner mon point de vue sur les manifestations qui se déroulent ou se sont déroulées en France ou à l’étranger.

Pour cet article, j’ai souhaité limiter ma vision à 6 pays, la France, l’Iran, la Syrie, l’Égypte, la Turquie et le Brésil.
Je souhaite préciser pour être transparent au maximum que je prend toujours un point de vue neutre, même si je peux avoir un avis tranché, j’estime que mon avis doit être différencié de tout analyse que je pourrais faire. Ainsi, si je donne mon avis, je précise bien que c’est mon avis et non mon analyse.

1ère partie, Vue d’ensemble :

Depuis 2010, les manifestations, révoltes et révolutions s’enchainent les unes après les autres, à tel point qu’on ne distingue plus vraiment les mouvements pour la démocratie des mouvements identitaires ou culturels.
J’ai donc choisi de faire un article pour mettre en lumière les différences de ces évènements qui, puisqu’ils sont si fréquents, ne nous intéressent plus ni ne nous atteignent plus.
Il faut distinguer plusieurs groupes de manifestations:

  • Les mouvements contestataires sociaux
  • Les mouvements contestataires culturels ou identitaires
  • Les mouvements contestataire révolutionnaires

Le premier groupe, les contestations sociales, est composé essentiellement de mouvement soutenus par les classes moyennes et pauvres des sociétés qui s’inquiète des montée des prix de la vie sans voir leur revenus augmenter.

Le second groupe est le groupe le plus large, il comprend les contestations contre des projets de loi contre les traditions, contre les religions, contre les modes de vies, mais également les manifestations créée par des petits groupes ou communauté pour faire tomber le pouvoir en place.

Enfin, le dernier groupe est constitué d’une population en général jeune, rapidement rejoins par les contestataires sociaux et à la fin du mouvement par les contestataires identitaires. Ces mouvements se caractérisent par la volonté de changer un mode de gouvernance (et parfois de pensée) dans un but égalitaire.

2ème partie, Le cas par cas :

France :

La France est sans conteste, le pays des manifestations. Les français en font pour tout, tout le temps (à noter que la grève est une forme de manifestations).
Il faut distinguer 2 types de manifestations en France, les manifestations sociales et les autres.
Les manifestations sociales sont organisées, en général, par les syndicats de travailleurs dans le but soit d’obtenir plus d’avantages, soit de ne pas en perdre.
Dans les 2 cas, on se retrouve dans une situation où une branche de la population est sur-avantagée (métiers du rail, industrie, éducation, services publiques…) et refuse l’égalité des droits avec le reste des citoyens au nom d’acquis qui date parfois de centaines d’années, et de l’autre coté, une majorité de la population qui souvent subit les manifestations à répétitions sans avoir aucun de ces avantages.

Il y a d’autres manifestations en France, on l’a vue récemment avec les anti-mariage pour tous. Ce type de manifestation est une forme de mécontentement envers les lois d’un pays, envers une politique gouvernementale, voir envers un parti au pouvoir. Si le fond de ces mouvements à toujours un sens, la forme ressemble souvent plus à une confrontation contre le pouvoir.

Je reviendrai longuement sur l’égalité du travail en France car cela mérite tout un article pour ne pas oublier qui, quoi, comment, pourquoi et comment faire.

 

Iran :

En Iran, les manifestations sont des mouvements contre le pouvoir en place, on peut donc dire que ce sont des manifestations révolutionnaires.

Il faut comprendre la situation Iranienne pour en décrypter les tenants. En 1979, une vague de manifestations contre le monarque de l’époque (le Shah) le pousse à l’exil. La place vacante est vite prise par le mouvement le plus fort et organisé du pays, le mouvement islamique. L’Iran devient donc une république Islamique. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en 1978, un peu avant la révolution Islamique, l’Iran était un pays moderne, très moderne, à l’équivalent des pays occidentaux, pas loin du niveau de la France. La révolution Islamique a mise en place une série de règles et de lois basées sur la Charia (loi islamique) qui n’ont pas fait du bien au pays. Si certains s’en plaisaient, la majorité des iraniens s’y sont résignés, par peur le plus souvent. il y a maintenant 30 ans que l’Iran est une république Islamique, il existe une expression qui dit, 30 ans de république Islamique, 60 ans d’évolution de perdu. En gros, depuis qu’elle est là, la république Islamique n’a pas seulement stoppé l’avancement de la société, elle l’a complétement fait régresser.

Depuis 2009 (et même avant), la population tente de se faire entendre pour imposer au régime un changement de cap qui permettrai à l’Iran d’allier Islam et modernité. Le régime quant à lui est sourd à toutes négociations et ne connait que la répression pour se faire comprendre. Il est l’image d’un Islam fermé, intolérant et sans discussion… ce qui est en grande partie le contraire de ce que prône l’Islam (qui se veut ouvert à la discussion et tolérant). On peut lire entre les lignes et comprendre que la carte « Islam » du régime n’est qu’une excuse pour garder le pouvoir à tout prix.

Depuis 2009, un mouvement Vert se mobilise en Iran, voulant une ouverture, c’est un mouvement que je soutiens personnellement car il propose une modernisation de l’Iran sans l’occidentalisé comme le voudraient certains gouvernements occidentaux. Malheureusement, le régime n’entend rien et c’est à coup de meurtre, de viol, de prison, de coup etc… que le dialogue se fait.

Ce que je pense c’est que le régime Iranien n’en a plus pour longtemps, peut être 10 ou 15 ans au maximum, ce qui se passe en Iran c’est ce qui se passera dans les pays des « révolutions arabes », c’est à dire, après avoir chassé un totalitariste, on laisse un mouvement prendre le pouvoir, 1, 2 ou 3 générations passent en s’instruisant et celles-ci montent au créneau et refont une révolution dans une optique plus démocratique (je dis plus démocratique car la démocratie est une idée occidentale et qu’il se peut que ces révolutions trouvent un meilleur système.)

 

Syrie :

En Syrie, c’est une guerre d’indépendance qui se livre. Cependant, il y a, à coté des conflits armés, des manifestations qui se tiennent.

Je tiens à dire que j’ai plusieurs sources pour ce sujet, qu’elle ne sont pas aussi nombreuses que les journaux mais que je les trouve fiables.

On connait tous les images de conflits entre les milices « révolutionnaires » (parfois idéologique) et l’armée du pouvoir. On voit moins les manifestations qui se déroulent dans le pays… Si on en voit parfois, elles sont toujours pour le départ de Bachar al-Assad et du gouvernement.

Hors, ce qu’on montre moins (jamais en France), ce sont les VRAIS images de TOUT le pays. La volonté de faire à tout prix des reportages et images fortes et exceptionnelles empêche totalement les grands médias de faire la lumière total sur ce conflit.

Je pense également que les médias ont du recevoir (de qui, je ne sais pas) des consignes pour favoriser les anti-régime afin de justifier une intervention militaire ou logistique sur place.

J’ai plusieurs amis syriens qui m’ont indiqué très clairement et à différentes occasions que la situations dans les grandes villes (surtout la capitale) est loin d’être chaotique, la vie est même tout à fait normal. Il y a des manifestations également, mais POUR le régime…

Mon avis est que les gouvernements d’Occident veulent intervenir sur place afin d’éliminer Bachar al-Assad du pouvoir, car il ne sert pas assez leur intérêt. Le problème est que (et les gouvernements le savent) si ce régime est éliminé, c’est le groupe le plus fort qui va se mettre en place, donc les Islamistes, ce qui n’est pas pour servir ni le peuple, ni le pays, ni les acteurs internationaux.

Ce qu’il faudrait obtenir, à mon avis, c’est une délégation contenant le gouvernement actuel, Bachar al-Assad, des représentants de la « résistance » ainsi que des représentants de la société civiles (des artisans, commerçants, petits maires, ouvriers, libéraux, etc…) afin de discuter clairement d’une solution pacifique qui permettrai une ouverture du gouvernement du pays à ces acteurs civiles sans pour autant déstabiliser le pays.

 

Égypte :

Le cas de l’Égypte permet de voir comment les choses ont évoluées en 2 ans.

L’Égypte a réussi à éliminer son « dictateur » afin d’instaurer une sorte de démocratie dans le pays. Cependant, ce sont les Islamistes qui ont gagnés les élections grâce à des magouilles et à leur implantations. C’est normal, c’est une phase de transition. Le régime Islamique au pouvoir le sait et s’empressent donc de faire voter un ensemble de loi basé sur la Charia et la réglementation des élections afin d’ancrer leur emprise sur le pays.

Ce qui se passe, c’est que les anciens manifestants révolutionnaires égyptiens se retrouvent à nouveau dans les rues contre ce régime qui ne vaut guère mieux que l’ancien. Ainsi on voit qu’une révolution est une chose, que de diriger un pays en est une autre.

Ce qu’il faudrait faire à mon avis, c’est bloquer le gouvernement actuel, faire élire un militaire honnête au pouvoir, le laisser en place le temps que les acteurs de la vie civile se retrouvent, se prépare, se fassent connaître et éduquent politiquement la population, et ensuite faire des élections démocratique dans tout le pays. Cela permettrait d’avoir une vrai démocratie représentative, le parti Islamique aurait toujours des sièges mais pas assez pour imposer SA vision de la société à tous.

 

Turquie :

En Turquie, les manifestations se concentre sur une place et un parc de la grande ville d’Istanbul. Au départ, elles portaient sur la destruction du dit parc pour des projets immobiliers, ce sont les écologistes qui ont commencé ce mouvement. Très vite, des jeunes et des chômeurs se sont joins à eux pour manifester contre le gouvernement, cela s’explique par le désespoir de cette partie de la population (rappelons qu’en Turquie, il n’y a pas de RSA pour vivre…).

Peu de temps après, ce sont des mouvements identitaires et communautaires qui ont décidé de rejoindre le mouvement, réclamant quant à eux la démission du gouvernement. Ils faut lire entre les lignes et connaître un peu la politique en Turquie pour comprendre. La Turquie est une démocratie laïc composée majoritairement de musulmans. Beaucoup de groupes souhaitent que l’islam modéré soutenu par le gouvernement ne soit plus modéré mais majoritaire (voir, mettre la Charia). Rajoutons à cela un ensemble de petits groupes ethniques différents (la Turquie c’est 75 000 000 d’habitants, plus 15 à 20 Millions à l’étranger (majoritairement en Allemagne), donc en gros 90 à 100 Millions d’habitants. Forcement, il n’y a pas qu’un seul peuple, d’une seule origine, avec une seule pensée). qui voudraient voir leur intérêts croitre aux détriments des autres.

Il faut noter que le Premier Ministre actuel Recep Tayyip Erdoğan, est considéré par beaucoup comme un des meilleurs premiers ministre de la Turquie, pas pour sa politique gouvernementale (je laisse juger de cela par les opinons de chacun) mais par sa volonté de rassemblement de l’ensemble du peuple turque.

La situation en Turquie devrait se calmer rapidement si le gouvernement tient compte des milieux écologistes et cosmopolites et qu’il permet aux jeunes surtout de trouver un emploi plus facilement.

 

Brésil :

La situation au brésil est lié au contexte social.

Bien que le pays soit un des membres des BRICS, les pays émergents qui vont devenir ultra puissants dans quelques temps, la population dans son ensemble ne le ressent que peu.

Comme partout, ce sont les classes les plus riches qui deviennent de plus en plus riche. La distribution de richesse est en plus, assez mal faite au Brésil, ce qui a amené à une grogne populaire.

Ainsi, l’appauvrissement des classes moyennes, pauvres, très pauvres de la population, ajoutant à cela les intrusions musclées de la police dans les quartiers pauvres et le manque constant d’investissement publique dans l’infrastructure du pays (le transport par exemple) ont fait que la population à décidée de clamer son mécontentement au gouvernement.

Il faut dire que les 2 évènements sportifs mondiaux à venir au Brésil privent la population de services car l’argent alloué à ces services sert maintenant à la construction de stades (entre autres). De plus, le Brésil est un pays où il y a une corruption énorme, beaucoup de gens payent donc des impôts et au lieu de voir de nouveau bus, écoles, bâtiments municipaux, voient des stades, aéroport, routes flambant neuves, et des responsables politiques véreux se promener dessus.

La situation risque de se maintenir, la répression risque fort de devenir violente avec le temps qui passe car le Brésil ne veut pas perdre son image à quelques mois de la coupe du Monde.

Espérons que des mesures soient prises pour les besoins des brésiliens et pour leur niveau de vie.

 

3ème partie, En conclusion :

Cet article est un peu long, je voulais exposer au maximum la réalité des choses.

Il apparaît que les manifestations n’ont pas toujours le même but, ni la même portée, il apparaît surtout qu’elle ne naissent pas toujours dans les mêmes milieux et pour les mêmes causes.

On peut cependant retrouver des points communs dans la plupart d’entre elles. Ce sont presque toujours des jeunes, souvent sans emploi, qui commencent ces manifestations, et sont rejoints par des populations de classes moyennes et pauvres qui ajoutent aux contestations des questions d’ordre sociales. On peut aussi noter que les mouvements religieux se tiennent souvent près des manifestants, bien que pas toujours visible dans ceux-ci, ce sont eux qui obtiennent la politique en cas de victoire des manifestations. Enfin, on peut noter que les manifestations se heurtent de plus en plus souvent à une répression forte, quelque soit l’endroit où elles se déroulent (moins dans les pays démocratiques mais tout de même).

J’aimerai aussi dire qu’un mouvement de manifestation est toujours unique, même si parfois il ressemble à d’autres. Il faut prendre le temps d’écouter et de comprendre le contexte et les revendications afin de comprendre les informations, et surtout, il ne faut pas avoir une confiance aveugles aux médias, rappelons qu’ils sont toujours dirigés, ont des lignes de rédaction, des consignes d’écriture et d’interprétation. Une info transparente est possible à l’heure d’Internet, bien que difficile à trouver parfois (attention aux fausses info). Bien se documenter permet de mieux comprendre le monde qui nous entoure.

 

Merci d’avoir lu cet article, n’hésitez pas à réagir en commentaire et à le partager largement.

François LUDWIG